FAUT-IL CROIRE EN QUELQU’UN QUI NE CROIT PAS EN LUI ?
Pas si simple ...
La réponse n’est pas si évidente … Car celui ou celle qui ne croit pas en lui ne se laisse aucune chance.

Comment peut-on en arriver là ?
Il nous arrive à toutes et à tous de perdre confiance en nous à cause de certaines circonstances dans la vie. Nous rencontrons tous à un moment donné des moments difficiles qui viennent érafler et vont jusqu’à faire écrouler notre confiance en nous-mêmes, et en nos capacités.
Il y a ceux qui n’ont jamais cru en eux, ni en leur potentiel sans doute parce que petit, personne ne leur a laissé leur chance.
Il y a aussi ceux qui ont vécu des échecs à plusieurs reprises, qui se sent usés par la vie, et qui ont fini par développer la conviction qu’ils ne sont pas capables de réussir : ils ont baissé les bras.
Il y a ceux qui passent leur temps à se comparer aux autres, surtout à ceux qui semblent plus accomplis, comme si tout le monde arrivait forcément à faire mieux qu’eux !
Il y a ceux qui sont dans un mauvais environnement : ils sont constamment critiqués, que ce soit par des proches, au travail ou dans d’autres cercles, ils se font détruire par leur entourage…
Il y a ceux ne se rendent pas compte à quel point ils sont terrifiés par l’échec, la réussite et l’inconnu. Ils se sentent intérieurement paralysés et croient qu’ils n’ont pas les ressources nécessaires pour avancer.
Et la liste pourrait encore être tellement longue !!!
Quelle est le résultat dans leur vie ?
Ces personnes qui ont décidé de cesser de croire en elles vont passer leur temps à éviter d’agir ou à remettre sans cesse les choses à plus tard.

Ces personnes qui ont décidé de cesser de croire en elles vont passer leur temps à éviter d’agir ou à remettre sans cesse les choses à plus tard.
Elles vont limiter d’elles-mêmes la vision de ce qu’elles pensent pouvoir accomplir, et cesser d’oser rêver grand, de se fixer des objectifs qui vont les faire bouger et risquer de les rendre heureux. Elles ne méritent pas le bonheur vous comprenez ? … Elles vont finir par se contenter de moins que ce qu’elles méritent.
Les personnes qui ne croient plus en elles vont créer des relations toxiques et déséquilibrées, parce qu’elles vont se positionner de manière inférieure, en victime et rendre les autres, la vie et les circonstances responsables de ce qui leur arrive et de leur mal-être. Reprendre du pouvoir sur leur vie ? Pas si simple…
Elles vont laisser les opportunités passer devant elles et refuser de saisir les mains qui leur sont tendues, notamment par peur de ne pas être à la hauteur, parce qu’elles pensent ne pas mériter la réussite, ne pas mériter les belles rencontres, ne rien mériter du tout parce qu’elles sont en continu dans des processus de dévalorisation intérieure.
Comment voulez-vous dans des conditions pareilles que ces personnes soient en capacité de rebondir face à l’échec ou la difficulté ? Pour elles, l’échec n’est plus une question d’apprentissage, mais bien une confirmation que ce n’est pas possible pour eux de s’en sortir et d’y arriver.
C’est à cause de cela que les personnes qui ont cessé de croire en elles, et qui ont baissé les bras vont ressentir un sentiment quasi permanent d’insatisfaction et cesser de s’autoriser à chercher et à croire qu’il est possible d’atteindre ce qu’elles veulent réellement. Elles arrêtent d’y croire tout court.
Une chose en entraînant une autre, elles pourront également développer un sentiment persistant et pesant de frustration, d’insatisfaction et d’incomplétude.
Une personne qui ne croit plus en elle aura des difficultés à poser des limites, que ce soit dans sa vie personnelle ou professionnelle, par peur de déplaire ou d’être rejeté. D’un point de vue extérieur, on pourra les considérer comme serviables et gentilles. Et elles auront du mal à reconnaître l’influence du regard des autres sur elles : quel importance puisque de toute façon elles ne valent rien…
Vous l’avez compris, le manque de confiance en soi limite non seulement les actions d’une personne, mais aussi sa capacité à évoluer, à s’épanouir, et peut aller jusqu’à l’incapacité de réussir à trouver un sens à sa vie.

Les risques quand on veut quand même croire en l’autre …
Vous l’avez compris, cela peut être épuisant et démoralisant d’être au contact d’une personne qui ne crois plus en elle et qui a baissé les bras. Si c’est le cas, c’est que vous faites fausse route.
Peut-on nous reprocher d’avoir trop d’attente irréalistes envers celui qui ne croit plus en lui ?
De vouloir absolument croire en l’autre de façon utopique ?
De vouloir absolument « changer » l’autre alors qu’il n’a rien demandé ?
De mettre l’autre sous pression ou de l’envahir en cessant de respecter ses limites ?
De projeter nos propres rêves et nos propres désirs sur elle, sans tenir compte de ses besoins et de sa réalité ?
D’avoir du mal à accepter l’autre tel qu’il est, et sous-entendre de façon implicite que la personne n’est pas suffisante comme elle est, qu’on refuse de l’accepter avec ses faiblesses ?
C’est vrai qu’on peut vite en venir à prendre dans ce cas une posture de supériorité, et nous positionner comme « celui ou celle qui sait ce qui est le mieux pour l’autre. » Un sauveur.
Le risque dans un tel scénario, c’est d’en venir à se reprocher à soi-même de trop donner, de s’épuiser émotionnellement et mentalement en essayant de porter l’autre, en continuant à croire en lui malgré tous les obstacles mentaux et psycho-émotionnels qu’il rencontre. Il y a le risque de se sacrifier qui va entraîner du ressentiment ou une frustration difficilement gérable à long terme.

Alors comment faire ?
Après avoir dépeint un portrait aussi sinistre, on peut en venir à se demander comment faire ? Parce qu’il est fort probable qu’on ne sache plus comment s’y prendre. Et si on laissait tomber ? Est-ce toujours aussi simple ? Non.
Et s’il était possible de croire en l’autre, sans pour autant compter sur lui et avoir des attentes ? On ne peut forcer personne à aller mieux, ni à choisir de croire de nouveau en lui et en la vie, même pour son propre bien.
Cependant, nous pouvons faire le choix conscient de rester dans la vie de la personne pour lui offrir une nouvelle porte possible en permanence. Ca reste à l’autre de l’ouvrir parce que c’est à lui de décider, il reste adulte, auteur et acteur dans sa vie. Faire ce choix nous demande alors de continuer de croire en l’autre malgré tout ce qui peut arriver, de continuer de proposer de nouvelles choses et de maintenir le lien relationnel. Ça demande un suivi, sans pour autant attendre une réaction, ni trop espérer non plus. Parce qu’en bout de course, les autres font bien ce qu’ils veulent.
Attention cependant, car l’énergie et le temps dont vous disposez sont une ressource précieuse et limitée. Vous pouvez décider de répartir de façon équitable votre énergie et votre temps entre toutes les personnes qui vous entourent. Pourtant, vous n’avez pas toujours les mêmes personnes en face de vous : tout le monde n’a pas les mêmes envies, ni les mêmes besoins :
Il y a des personnes n’ont pas besoin de votre énergie et de votre temps et qui vont vous plutôt vous en apporter.
Des tas de gens ont besoin d’aide et de soutien, mais n’en ont pas envie. Et il y a aussi ceux qui en ont envie, mais qui ne sont pas prêts à recevoir et à utiliser ce que vous allez leur transmettre. Dans ce cas-là, il est fort probable que vous allez gaspiller votre énergie et votre temps pour rien.
Il y a ceux qui en ont besoin et envie et qui en ont d’autant plus besoin. Si vous utilisez et investissez votre temps et votre énergie avec ces profils, cette énergie va forcément vous revenir. Vous allez-vous rendre compte qu’ils vont l’utiliser à bon escient, et ça va produire des intérêts. Ils vont vous en redemander.
Le problème c’est que si vous avez donné votre énergie, votre temps et que vous vous êtes investi pour des personnes qui n’en ont pas envie ou pas besoin, vous n’en aurez plus à donner à ceux qui en ont vraiment envie et besoin.
On pourrait le traduire, comme le dit mon Mentor Richard Sanchez par la phrase suivante :
« Tu fais un pas, j’en fais deux, tu fais trois pas, j’en fais cinq. Mais si tu n’en fais pas je n’en fais pas. »
Nos ressources étant limitées, nous nous trouvons de toute évidence face à un choix à faire :
Il peut être bon de se poser la question de donner avec discernement :
Faire les bons choix, d’offrir sans tout donner, faire en sorte d’y aller progressivement dans le fait de mettre à disposition notre temps, notre énergie, nos compétences, notre talent et nos connaissances, même si parfois nous ne sommes pas à l’abri d’une bonne surprise. Alors pourquoi ne pas laisser la porte entrouverte avec discernement ?

Remerciments
Je remercie chaleureusement, toutes les personnes qui ont contribué à l’écriture de cet article : Victor, Richard et Grégory. De belles sources d’inspiration ! Merci pour votre présence dans ma vie.